In vino veritas !

En cette période de vendanges, il est de coutume que les élus aillent à la rencontre des acteurs du milieu viticole. Sur les 6 cantons qui composent la 7ème circonscription, deux sont majoritairement viticoles : c’est donc avec le vice-président du département, conseiller général de Servian (et viticulteur !) Henri Cabanel, et ma suppléante Christine Guiraud-Guerre, que je me suis rendu dans deux caves coopératives et un domaine particulier de ce canton hier.

L’occasion de me présenter à eux mais aussi, et surtout, de mieux connaître les attentes de la filière.

Après avoir visité la cave coopérative des vignerons de Montblanc, nous nous sommes rendus à Servian pour rencontrer et visiter l’établissement des vignerons de l’Occitane avant de clôturer cette tournée par la visite d’un domaine particulier à Puissalicon, celui des frères Dehlon.

Le choix de ces trois lieux n’était évidemment pas anodin (c’est mon collègue et ami Henri Cabanel qui m’en a soufflé le déroulé !) : si l’amour du bon vin et le travail de la terre les réunit, ces trois entités ne rencontrent pas toutes les mêmes problèmes. Et n’ont donc pas les mêmes attentes vis-à-vis du député que je suis.

A la cave coopérative des vignerons de Montblanc, où le Maire (et viticulteur) M. Richard Nouguier était également présent, le directeur Jean-Paul Barral, le Président Jean-Michel Barthélémy, et le responsable commercial Arnaud de Cadolle nous ont exposé leurs craintes liées au recul – conséquent – de la récolte prévue cette année avec comme conséquence immédiate l’augmentation des frais de vinification.

En discutant, nous évoquons des solutions dont celle qui permettrait de constituer une réserve de trésorerie non fiscalisée afin de pallier les aléas de la production d’une année à l’autre : une idée à creuser.

Après cette discussion, nous entreprenons la visite de cette cave créée en 1937, et inaugurée en juin 1939 par le Président de la République. Elle regroupe des viticulteurs des communes de Montblanc, Nézignan-l’Evêque, St Thibéry et les communes limitrophes, le vignoble couvrant ainsi dans sa majeure partie la zone des « Soubergues » sur une superficie d’environ 1.700 hectares. Du toit du bâtiment nous avons une vue imprenable sur le clocher – classé me dit le maire – de la commune.

C’est ensuite aux vignerons de l’occitane à Servian que nous nous rendons, où le maire, M. Christophe Thomas nous accueille avec le président Martial Bories, le directeur technique Dominique Samin et le directeur financier (et des ressources humaines) M. Pascal Lopez.

Si l’accueil est aussi chaleureux qu’à Montblanc, l’exploitation ne connaît pas les mêmes problématiques, liées à la taille – plus importante – que son homologue.

D’emblée nous évoquons les sujets qui « fâchent » : coût du carburant, primes à l’arrachement, dossier de l’irrigation et évidemment, la question du revenu et de la fiscalité… Et de l’évolution du prix du produit, « le seul qui n’ait pas augmenté avec le passage à l’euro » selon son Président.

La présence du maire de Servian n’est pas anodine : il souhaite que je facilite auprès du Ministère compétent la cession à la mairie d’un terrain détenu par l’Etat jouxtant la commune en bordure de la sortie d’autoroute (A75). Terrain qui serait ensuite loué à la coopérative afin d’y cultiver des vignes. Je lui donne évidemment mon accord pour les aider sur ce dossier.

Après cet entretien, nous passons à la visite des lieux avant de faire une étape gustative – avec modération ! – de leur production.

Dernière étape de cette journée : Puissalicon et le Domaine de Bassac tenu par les jeunes et dynamiques frères Dehlon en présence du maire Gérard Belloc.

Là encore, nous entrons dans une autre dimension de la « galaxie » viticole : ici le vin est bio depuis plus de 25 ans et la production majoritairement tournée vers l’export (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Japon et Etats-Unis essentiellement). Les Frères Dehlon ont repris l’héritage de leur père, qui fut l’un des pionniers du vin bio, il n’y a que deux ans mais ils ont déjà fait leur preuve, rassurant leurs clients sur la constance et la qualité des vins qu’ils produisent.

Ici l’entreprise est familiale : 12 personnes. Le fonctionnement : en flux « hyper-tendu ». C’est l’oncle qui assure la direction technique et le cousin qui gère le volet ressources humaines ; aux frangins la stratégie, le volet commercial, l’assemblage, le design des étiquettes, le suivi qualité… et bien d’autres choses encore.

Car les idées ne manquent pas : il n’y a guère que l’étroitesse des lieux (le site est en plein cœur de village, réparti sur deux lieux distincts d’une petite centaine de mètre) qui limitent leur développement. Mais cela aussi devrait, à terme, changer. Je les quitte en leur souhaitant réussite dans la conduite de leurs projets, vitaux pour leur entreprise mais aussi plus largement pour la vie économique de Puissalicon dont elle est l’une des deux seules entreprises.

Je quitte le canton de Servian riche des échanges que cette incursion dans le milieu viticole nous aura permis d’avoir.