Un vendredi en circo

De retour de Paris hier dans la soirée (j’étais de permanence en séance toute la semaine), je prends ce matin le chemin de Pinet pour y rencontrer son maire, M. Gérard BARRAU, afin d’évoquer ensemble les dossiers de la commune. Les adjoints au maire, Messieurs Perez et Esparza, étaient également présents. Comme je l’avais annoncé durant la campagne législative, je souhaite pouvoir m’entretenir régulièrement avec les maires des 22 communes de la circonscription afin d’être un relais efficace entre ces petites collectivités et l’Etat.

Lors de cette rencontre, M. Barrau a évoqué deux grands projets structurants pour la commune dans les mois à venir : la création d’une garderie municipale et la délocalisation de l’hôtel de Ville vers l’actuelle Poste et la reconversion de l’actuel bâtiment en logements sociaux.  Ces deux dossiers, une fois menés à bien, contribueront à améliorer le cadre de vie des Pinétois : je me suis engagée à servir de « coup de pouce » auprès des instances compétentes.

Avant de gagner la commune voisine de Castelnau-de-Guers, le maire et ses adjoints ne peuvent pas résister à la tentation de me faire déguster un échantillon de ce qui fait la renommée de cette commune : le Pic Poul ! Avec modération et plaisir, j’accepte leur invitation.

Quelques kilomètres à peine séparent Castelnau-de-Guers de sa voisine pinétoise. Je rencontre cette fois-ci le Maire, Jean-Charles SERS, en présence de son 1er adjoint François GARCIA et de Monsieur Cédric CHAUVEAU Adjoint en charge de la communication et de la culture.

Après une brève présentation de l’équipe municipale en place depuis 2008, nous abordons les trois grands dossiers de la commune : la mise aux normes du groupe scolaire en terme d’accessibilité aux personnes handicapées, la construction prochaine de logements sociaux, situés à proximité de la nouvelle salle polyvalente, le réaménagement de la cave coopérative.

Si la commune n’est peuplée que de 1157 habitants, l’équipe municipale en place n’en est pas moins ambitieuse : le projet de réhabilitation de cette cave coopérative, véritable patrimoine de notre région, vise à moderniser le bâtiment et ses pourtours pour l’activité agricole, tout en y créant, en son sein, un hameau spécifiquement dédié aux exploitants agricoles.

Au cours de cette discussion, nous identifions ensemble quels peuvent être les acteurs clefs dans la mise en œuvre de ces projets… et les difficultés que rencontrent la municipalité dans le montage des dossiers, difficultés liées à la faiblesse des services administratifs d’une petite commune telle que Castelnau-de-Guers. Et il semble que dans certains cas, la Communauté d’Agglomération Hérault Méditerranée, dont la commune fait partie, n’est pas toujours à même de les épauler, en dépit de l’existence de services administratifs bien plus importants…

 Après un rapide déjeuner de travail avec M. Sers et ses adjoints, ce dernier reçoit ensuite à l’hôtel de ville une délégation de postiers membres de la CGT FA-FPT de l’Hérault, exerçant à Agde et Pézenas (lui-même est d’ailleurs facteur au centre de Pézenas).

Lors de la campagne législative, j’avais déjà rencontré certains d’entre eux à Agde : j’avais été alerté sur le malaise social qui y règne et la difficulté, pour les syndicats, d’engager le dialogue avec la direction de l’établissement.

Plusieurs mois ont passé mais le contexte ne s’est pas, loin de là, amélioré. Peu après mon élection, j’avais d’ailleurs interpellé le Ministre chargé du redressement productif sur les difficultés entre salariés et la direction (cliquez ici pour accéder à la question). Les atteintes au droit syndical semblent s’être multipliées et le nombre de jour de grève (25 en 2012), est un triste record que n’avait jamais connu, en 35 ans de métier, M. Jean Charles Sers.

 Il faut reconnaître que la Poste fait partie de ces organisations où le terme de plan social n’a jamais été utilisé. Et pourtant, ce sont près de 90 000 emplois, qui, au niveau national, ont été supprimés en 10 ans (départs à la retraite non compensés majoritairement). A l’origine de leurs revendications, il y a avant tout le besoin de dialogue avec leurs directions pour apporter des solutions concrètes aux difficultés d’organisation de leur travail qui a considérablement évolué depuis 1992, date de la scission entre l’activité télécom et postale. En cause, notamment, le dispositif «  Facteur d’avenir » et l’introduction de tournées dites sécables. La régulation visée par la mise en place de ce dispositif est, à l’heure actuelle, loin d’être atteinte selon eux : ils plaident donc pour une remise à plat de ce dispositif au niveau national.  Je dois, dans les semaines qui viennent, rencontrer la direction départementale et régionale du groupe La Poste afin d’évoquer, entre autres, ce sujet, sur lequel nous devons tous être vigilants eu égard aux risques psycho-sociaux…

Après cette réunion, je me rends à Servian, où la directrice de l’atelier pédagogique personnalisé (APP) nous reçoit, Messieurs Guiraud et Cabanel et moi-même, avec une représentante de l’APP de Pézenas. L’existence de ces ateliers, créés au milieu des années 1980 (anciennement appelés « lieux ressources ») est vitale pour les territoires et ses habitants.

En permettant une prise en charge personnalisée de la formation, ces ateliers représentent de véritables lieux de proximité dédiés à la formation et à l’insertion des demandeurs d’emploi.

Ces organismes, au nombre de 800 en France (30 dans la région Languedoc-Roussillon), craignent aujourd’hui qu’à la faveur du prochain acte de décentralisation, la ligne budgétaire que l’Etat leur dédie actuellement (« compétences-clefs ») ne disparaisse lors du transfert de cette compétence à l’échelon régional.

J’estime, comme les conseillers généraux Pierre Guiraud et Henri Cabanel, d’ailleurs président de l’APP de Servian, que ces structures devraient voir leur avenir assuré par la région tant pour conserver les liens qui les unissent aux autres acteurs de l’emploi et de l’insertion sur le territoire (missions locales, municipalités, Pole Emploi, etc.), que pour continuer d’offrir aux habitants des zones sur lesquelles ces ateliers se déploient une véritable offre de formation.

Nous restons donc mobilisés sur le sujet.

La journée touche à sa fin… et il est l’heure de rejoindre Marseillan et son théâtre !