Des voeux de confiance et d’espoir – Discours du député Sébastien Denaja


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Discours du député Sébastien Denaja

« Des vœux de confiance et d’espoir »

Vendredi 27 janvier 2017

Salle Georges Brassens, Sète

 

Monsieur le Sous-Préfet,

Mesdames et Messieurs les élus, régionaux, départementaux, municipaux,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses,

Mesdames et Messieurs les représentants du monde combattant et des associations patriotiques,

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations syndicales, patronales et associatives,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je tiens tout d’abord à remercier la ville de Sète, qui nous a mis à disposition cette salle ce soir et le personnel municipal qui nous a aidé dans l’organisation de cette soirée.

Je tiens ensuite à remercier tout particulièrement Christine Guiraud, ma suppléante, qui, depuis 5 ans, m’accompagne avec dévouement ;

Ma compagne Alexia, qui ne peut pas être présente ce soir car elle garde nos deux jeunes enfants, Hugo et Thomas, souffrant de la grippe ;

Mes collaborateurs parlementaires, enfin, qui font un travail colossal à mes côtés, un travail qui, je peux vous l’assurer, n’a rien de fictif : Merci à Judith, Marine, Pascal, Laurence et surtout Marie, qui a donné naissance, il y a deux jours, à un petit Marius.

Ce soir, c’est au petit Marius que je voudrais m’adresser, dédier ces quelques mots.

 Je ne le ferai naturellement pas sans penser à mes propres fils Hugo et Thomas, mais le propre de l’engagement politique, pour l’intérêt général, c’est qu’il soit consacré non seulement à ses propres enfants, mais au-delà aux enfants des autres.

Etre député, représentant de la Nation, c’est se préoccuper de l’avenir de tous les enfants de France.

Et si je m’adresse ce soir tout spécialement au petit Marius, c’est en pensant aussi aux Gaspard, aux Louis, aux Juliette, aux Bilal, aux Yoram, aux Baptiste, aux Morad, aux Sarah ou aux Zoé, qui sont nés en France depuis le début de l’année 2017.

Ce soir, petit Marius, je veux te dire des mots d’amour, te délivrer un message de confiance et d’espoir.

Je veux d’abord te dire, petit Marius, combien tu as de la chance.

Car c’est une véritable chance d’être né dans un de ces lieux où Paul Valéry disait lui-même qu’il aurait aimé naître.

Tu nais dans une ville dont la 1ère pierre du port a été posée il y a 350 ans, un 29 juillet 1666.

Comme moi, cette ville, tu en tomberas peut-être amoureux, au point de nourrir pour elle une véritable passion. Sète appassionata…

Oui, petit Marius, c’est une chance immense de naître, « à deux pas des flots bleus où, même à ses moments furieux, Neptune ne se prend jamais trop au sérieux » ; une chance immense d’ouvrir les yeux sur cette mer, « toujours recommencée », où l’horizon est celui de tous les possibles, de tous les ailleurs, où, devenu homme, tu choisiras peut-être de poursuivre tes rêves.

Tu as la chance immense, petit Marius, de naître à quelques pâtés de sable de l’une de nos plus vieilles cités, Agde, la fière cité, fondée il y a près de 2500 ans. Là où se jette le fleuve Hérault et près de là où, à Marseillan, débouche le Canal du Midi, dans l’étang de Thau.

Là où il y a quelques décennies on a retrouvé un bel éphèbe, que tu deviendras peut-être, même si pour l’heure tu ressembles plus au petit Césarion, cette magnifique statue d’enfant qui – dit-on – représente celui de César et Cléopâtre.

Tu as la chance, tu vois petit Marius, de pouvoir imaginer grandir dans un territoire fabuleux.

Dans quelques années, tu y feras la fête, car ici, même si comme à Toulouse même les mémés aiment la castagne, on aime se rassembler.

Très vite, tes grands-parents, j’en suis sûr te revêtiront d’un panel pour aller voir, en hiver, danser le poulain au carnaval de Pézenas, et, en été, l’âne de Bessan ou le chivalet à Florensac.

Mais, devenu adolescent, peut-être souhaiteras-tu t’habiller de blanc pour aller arracher au bout d’un mât glissant le capelet à Marseillan ou carrément te hisser en haut de la tintaine pour la Saint-Louis à Sète.

Et plus tard, je suis sûr que tes parents t’initieront au goût des produits de nos vignes, celles qui façonneront les paysages de ton enfance.

Rappelle-moi, petit Marius, pour tes 18 ans, de t’inviter à déguster une tielle, quelques huîtres de l’étang de Thau, suivies d’une bonne dorade grillée, le tout avec un petit Picpoul. Je te dirai alors tout l’amour que m’inspire notre terroir, notre histoire.

Je te dirai la fierté que j’ai eu pendant 5 ans à être le député d’Abeilhan, Alignan-du-Vent, Puissalicon, Espondeilhan, Coulobres, Agde et Servian ;

à représenter à l’Assemblée Nationale les habitants de Tourbes, Caux, Valros, Pézenas, et Montblanc ;

à penser l’avenir de ceux de Nézignan-l’Evèque, Saint-Thibéry, Castelanu-de-Guers, Pinet et Pomérols ;

à rencontrer ceux de Florensac, Marseillan, Bessan, Vias et Sète.

Mais le rosé de Bessan, le Picpoul de Pinet…tout cela c’est quand tu seras grand… En attendant, bois ton lait et sois sage. Et laisse-moi te dire encore 2 ou 3 choses…

Car je veux te dire aussi, petit Marius, que ta chance ne s’arrête pas là. Car ta plus grande chance, petit Marius, c’est que tu es né en France, que tu es né Français.

Comme moi, et pour emprunter à Magyd Cherfi, tu as « ta part de gaulois », de celte, de burgonde… Mais la richesse du pays où tu viens de naître, c’est qu’il est comme un arbre aux racines multiples. Comme moi, tu as peut-être ta part d’espagnol et de marocain, ou une part de germain, de romain ou de grec…

Ta chance, petit Marius, c’est que dans 3 ans à peine, tu vas aller à l’école, au collège et au lycée et, si tu en as envie à l’université.

Moi l’école, elle m’a tout donné. Tu te rends compte ? J’avais un grand-père qui, à l’âge de 14 ans, taillait des pierres au fin fond du Maroc, j’ai grandi en HLM, j’ai été boursier tout au long de mes études et aujourd’hui, j’enseigne le droit à la Fac.

Et, parce que nos concitoyens en ont décidé ainsi, je suis même devenu député.

Et bien Marius, tu vois, c’est ça la France, un pays où tous les enfants naissent libres et égaux en droit.

A l’école, tu verras, il y a à l’entrée une charte, celle de la laïcité, une règle de vivre ensemble qui te permettra d’apprendre le respect des autres.

Ta chance, petit Marius, c’est qu’à l’hôpital où tu es né, tes parents n’ont eu à présenter qu’une petite carte. Petit détail important Marius, cette carte est verte. C’est très important, car dans certains pays, pour aller à l’hôpital, il faut une carte de couleur bleue.

Et tu sais pourquoi ?

Parce qu’il y a 72 ans, des femmes et des hommes comme mon autre grand-père, qui fût Résistant pendant la guerre, ont créé – c’était le programme du Conseil National de la Résistance – la Sécurité Sociale.

Tu ne rêves pas petit Marius, tu es né dans un pays qui en 1789 fait une Révolution, grave dans le marbre une déclaration, celle des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui dit dans son article 1er « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » ;

dans un pays qui, dès la fin du XIXe siècle fait le choix, avec Jules Ferry, de l’école gratuite et obligatoire ;

un pays qui en 1905 opte pour la séparation des Eglises et de l’Etat ;

un pays qui en 1936 vote les premiers congés payés ;

un pays qui en 1948 signe, à Paris, la déclaration universelle des droits de l’Homme ;

un pays qui, en 1957, a décidé d’unir son destin à des Nations européennes, auxquelles il faisait la guerre quelques années à peine auparavant ;

un pays qui en 1981 abolit la peine de mort ;

un pays qui en 1992, décide que plus jamais il ne séparera la grandeur de la France de la construction européenne ;

un pays qui en 2015, permet la signature d’un accord historique sur le climat lors de la COP21 à Paris.

Tu as de la chance, petit Marius, tu viens de naître dans la 5e puissance mondiale.

Tu as de la chance, petit Marius, tu viens de naître dans une République, dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité ! »

Tu as de la chance, petit Marius, tu viens de naître dans une démocratie.

Pourtant, tu vas constater, comme moi, un truc bizarre, c’est que dans ce pays, on a peur, on ne croit plus en l’avenir, c’est le pays où les adultes consomment le plus d’anxiolytiques au monde !

Toutes ses peurs ne sont pas illégitimes comme pour toi celle du noir de la nuit. De l’autre côté de l’océan, un certain Donald – pas celui des dessins animés que tu regarderas bientôt – fait craindre le pire. Et de l’autre côté des montagnes, c’est un certain Vladimir qui menace…

En même temps, si avec nos frères allemands nous savons renforcer nos liens, ainsi qu’avec tous les peuples d’Europe, nous n’avons pas à avoir peur.

D’ailleurs, j’ai oublié de te dire, l’Europe, le continent où tu es né, est la zone la plus riche du monde. Ce qui n’empêche pas des inégalités insupportables, une pauvreté, une misère même qui gagnent du terrain.

Mais l’Europe, pourtant si riche, est aussi un monstre d’égoïsme, et tend à redevenir une somme d’égoïsmes nationaux.

Or, je suis obligé de te dire, petit Marius, que, comme le disait François Mitterrand, « le nationalisme, c’est la guerre ! ».

La guerre, nous ne l’avons plus connue en France depuis 72 ans, grâce à l’Europe. Mais tout autour de nous, les bombes tombent, en Syrie, en Irak, poussant des millions d’hommes, de femmes, d’enfants (aussi petits que toi parfois) à fuir, à chercher asile. Ils sont des milliers à s’être réfugiés en Jordanie, au Liban, en Turquie…

Mais, bouchons un instant les oreilles du petit Marius.

Ils sont aussi des milliers à être morts noyés en Méditerranée, dans l’indifférence quasi générale. Même s’il faut rendre hommage à l’action d’ONG comme SOS Méditerranée, où des femmes et des hommes sauvent l’honneur de l’âme européenne et d’abord, sauvent des vies humaines.

Elle était où l’âme européenne ? Elle était où l’âme humaine, dimanche dernier quand Pateh Sabally, un jeune homme noir de 22 ans, originaire de Gambie, est mort noyé, pas dans l’indifférence générale mais sous les railleries et les insultes de la foule, une foule animée par la haine ?

Elle était où l’âme européenne dimanche dernier ?

Elle était où l’âme humaine, dimanche dernier dans le grand canal de Venise ?

Que va-t-on dire au petit Marius quand il sera en âge de comprendre que nous, les habitants de la 5ème puissance mondiale, nous avions le cœur si dur, le cœur si sec, que nous n’avons pas pu accueillir l’équivalent de 0,2% de la population française sur notre sol ?

Moi je vous le dis, si le petit Marius apprend à l’école la grandeur de l’Histoire de France, le pays des Lumières, il nous crachera au visage et il nous dira la honte que lui inspirera alors notre morgue et notre lâcheté.

Il nous dira notre inhumanité.

Il nous dira notre indignité.

Mais je m’emporte et une amie poète croisée ce midi m’a dit : « ce soir, dîtes-nous de belles choses ».

Et je veux surtout pouvoir dire au petit Marius que s’il a la chance d’être né ici malgré la noirceur des temps et les ombres qui planent sur notre avenir, je forme pour lui et pour vous tous des vœux d’espoir pour 2017.

Car ce soir, si je veux que nous prenions conscience du monde tel qu’il est, je veux d’abord et surtout regarder vers l’avenir. Or, comme disait François Mitterrand, «il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent l’avenir ».

On ne va pas laisser le monde courir à sa perte. On va te préparer un monde meilleur petit Marius.

Nous allons nous ressaisir.

Nous allons entrer en résistance contre la tentation du repli et la résignation.

Nous allons nous battre, parfois, contre nos vieux démons.

Et nous œuvrerons, comme le souhaitait le Conseil National de Résistance, à des jours heureux.

Et debout, petit Marius, fidèles à nos valeurs, nous sauvons, j’en suis sûr, être à la hauteur de « l’idée France ».

Oui, des périls menacent mais « là où on croit le péril, croit aussi ce qui sauve ».

Forts de ce que nous sommes, nous allons regarder haut, regarder loin, regarder devant.

Et nous relèverons ensemble les trois grands défis qui nous attendent :

– L’évolution démographique contre laquelle il nous faudra inventer de nouvelles solidarités ;

– La révolution numérique ;

– La transition écologique.

Alors petit Marius, serre tes petits poings, réchauffe ton cœur contre celui de tes parents.

Le nôtre de cœur, il bat pour toi, pour tous tes frères et toutes tes sœurs, en humanité.

Notre cœur, il bat ce soir, pour que vive la République et que vive la France.

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